mercredi 24 août 2011

FibreTigre à Vegas = Very Bad Trip + True Story

J'avais 19 ans, et mon père n'arrêtait pas de me dire "qu'est ce que tu fais là à rien foutre" alors que j'étais en math sup et que "rien foutre" n'était pas vraiment caractéristique de cette période de ma vie. Pour lui prouver que je pouvais faire mieux que rien foutre pendant les deux mois byzantins qui séparent la math sup de la math spé, je suis parti sac à dos à Las Vegas, chez un "lointain ami de la famille", ex de la légion étrangère ayant voulu vivre le rêve américain.


Le rêve américain

Là bas, j'ai appris à tenir un couteau d'une certaine façon pour qu'il ne glisse pas quand on poignarde quelqu'un dans les côtes, comment caler un fusil d'assaut dans le creux du bras quand on veut l'utiliser alors qu'on roule en moto, comment cuisiner un chat (facile, c'est comme le lapin, et ça a le même goût), comment démonter un delco et à what the fuck sert un delco, anyway. J'ai conduit une corvette modèle unique, on était presque allongé devant le volant tellement elle était sport, j'ai perdu 15 kilos en un mois (dont j'ai gardé quelques temps les cicatrices...), j'ai perdu ma virginité sans passer par le sexe tarifé et légal de l'endroit, j'ai gagné une fois le JACKPOT sur une machine à sous de type poker, mais hélas c'était une machine avec des pièces de 5 cents, et trois seaux de pièces de 5 cents ne font que 250$, et au lieu de payer nos dettes nous avons acheté 250$ de pizzas pour tout le quartier. J'ai d'ailleurs à cette occasion mangé ma première pizza hawaïenne, et c'était hyper bon.


C'est une pizza avec des ananas

J'ai passé des nuits entières à dix centimètres de la clim et même là il faisait 40 insupportables degrés de chaleur, à écouter la country à fond du voisin, j'étais en manque de chocolat, ils n'en font pas là-bas.

Il y a ce film, very bad trip, qui raconte le jour suivant une nuit folle.

Mais Las Vegas est une ville folle, tout peut arriver.

Voici l'histoire d'un very bad trip vécu là bas. Mais en fait c'est plutôt what the fuck trip.


Je suis à droite sur cette photo

Bon je vivais dans le quartier immigré pauvre de LV, "pauvre" dans l'acception américaine signifiant maison avec 2 chambres d'amis, une piscine, la TV par câble (et bon, un aéroport à 100 mètres). J'avais sympathisé avec un cuisinier grec, enfin disons que j'étais le seul à supporter ses longs discours, mais moi ça m'arrangeait, cela me permettait de comprendre le patois local et d'apprendre des expressions colorées du type "quick like a quick handjob".




Sinon on dit aussi "quick like bunny". Las Vegas
Parano, White Bunny, you know the deal.

On discute autour de la table, et tout d'un coup, les sirènes hurlantes, une ambulance qui rentre dans le jardin du voisin. On a cru à un accident de la route, mais pas du tout. Cet idiot, pour se saouler plus vite, s'était injecté de la bière en intraveineuse. Il y est resté. Ca a pas du tout affecté mon pote grec, qui pourtant pleurait comme une madeleine à la fin d'un film style Benji la Malice quand les chiens retrouvent leur propriétaire. Je pense que c'est surtout du au fait que ses filles se pointaient en permanence chez lui (là bas, toutes les portes sont ouvertes tout le temps), tapaient des cocas dans le frigo et s'installaient devant la TV sans rien dire.


Benji, arracheur de larmes

Sans transition, il tape sur la table, et dit qu'on va se faire une nuit de folie. Hé, je suis partant, d'une part parce que j'allais pas souvent sur le Strip et en fait personne n'osait trop m'accompagner. A 19 ans, j'étais un adulte au regard de la loi française, mais pas de celle du Nevada, alors ce que je pouvais faire n'était pas bien défini, mais bon, avec ma barbe tout le monde me donnait 30 ans (imaginez le gros dans very bad trip). En plus, les gens de 19 - 21 ans sont "mal vus" par les autorités ; la loi est plus dure avec eux passés les 21 ans alors souvent ils se lachent juste avant cette limite, et à ce titre ce sont des vrais cons, à vous provoquer dans la rue pour se bagarrer.

En fait, on va d'abord chez un pote uruguayen qui vit dans un motel ouvert 24/24, centaines de chaînes porno comprises. Le mec il est content de rencontrer des européens, parce qu'il adore le football (soccer) et qu'il en peut plus de ne pas pouvoir en parler avec personne. Il a pas de bol avec moi, je n'y connaissais absolument rien, mais ma faculté à m'intéresser aux choses et à écouter l'a ravi. Il m'a donc montré son trésor : il avait récemment gagné un petit jackpot aux dès et il s'était acheté un Vasarely, car il était fan. Il était aussi fan de Gainsbourg, et il m'a fait écouter des tas de singles que j'ai du lui traduire. Donc sachez qu'à Las Vegas, il y a un Urugayen qui vit dans un motel et sous son lit, il y a un authentique Vasarely.


Rien que là, on est déjà dans le bad trip

On reprend la voiture pour "battre le pavé". Il connaît un bar pas loin où un jour il a léché de la chantilly sur le sexe d'une femme qui était accroupie sur le comptoir, il pense que ce sera une bonne expérience pour moi. A la radio ils passent Grateful Dead et là, mon pote grec se met à chialer comme pas deux, il m'explique que c'est le best groupe ever, et là, il se rappelle qu'il a connu une fille à un concert de ouf et il a envie d'aller là voir. On fait un mini détour.


Un groupe de rock psychédelique.
Don't you see a pattern there ?

On retourne dans la banlieue pauvre ; on descend, on traverse un jardin avec des cafards gros comme des insignes de flics qui m'ont fichu une trouille pas possible. On frappe, personne. La voisine débarque et raconte une histoire dingue, la fille est croupière et super réglo et elle avait récemment monté les échelons et tenait la caisse dans une salle VIP au MGM. Une espèce d’Émir richissime a gagné un soir 50 millions de dollars et elle l'avait livré en riant et en lui disant : "Ben dites donc, vous êtes bien chanceux, vous allez pouvoir vous offrir une retraite au soleil...etc..." et le mec, lui avait donné un tip de 1 million de dollars pour sa "sympathie". Elle était partie du jour au lendemain en Floride.

Bon, cette histoire, c'est mon pote qui me l'a raconté car la fille parlait un gibberish incompréhensible et surtout elle avait une poitrine refaite absolument énorme, deux seins ronds prêts à exploser qui tenaient tous seuls droits comme dans une sorte de dessin animé pour adultes, et pour couvrir cette anatomie, elle avait une sorte de pull blanc avec des mailles si larges que j'aurais pu y passer quatre doigts. Il m'a dit qu'il l'a connaissait, que c'était une starlette de films X, et que bien sûr il avait couché avec elle.


Pour vous donner une idée

Dans la voiture, je me suis aperçu qu'un maousse cafard m'avait monté sur la jambe et j'ai passé 3 minutes à hurler à plein poumons, on s'est fait arrêter par un flic avec des muscles façon terminator et quand il m'a vu chialer il s'est mis à rigoler. En fait tout le monde rigolait même le cafard devait se marrer, sauf moi, j'étais tremblant.

Ensuite on a essayé de se faire un peu d'argent en faisant la tournée des machines à sous. Pas mal de gens à LV vivent que de cela, mais il y a une façon de faire. Le principe est le suivant : un type joue à une machine et boit comme un malade, comme tout le monde. A un moment il se barre et ne s'aperçoit pas qu'il reste des crédits dans sa machine. Donc on s'installe à sa machine. Maintenant si vous demandez tout de suite le change et que vous vous barrez avec l'argent, vous allez tout de suite vous faire choper par la sécurité, et vous risquez fort d'être sur une blacklist des casinos. Donc faut s'installer, mettre quelques crédits, jouer 5 - 10 minutes et encaisser l'air de rien. Le plus dur étant, comme toujours de "s'arrêter" avant d'avoir tout dépensé.

Je vous vois venir, vous allez me dire "facile", "dès que je gagne, hop, je m'arrête". Et bien lisez ces mots : c'est im-po-ssi-ble. Vous venez de gagner 50 dollars ? Vous vous dites, super, j'ai gagné 50 fois ma mise, bon, j'ai qu'à jouer jusqu'à ce que je n'ai plus que 30 dollars, j'aurais gagné trente fois ma mise et je risque de gagner à nouveau 50 fois ma mise ! Et en fait vous consommez tout sur la base de ce raisonnement. Il faut vraiment avoir souffert de perdre une ou deux journées de salaire pour vraiment se dominer.


Des drogués disciples du Dieu Argent

On se fait un peu d'argent, de quoi payer les coups pour la soirée. En fait le grec cherchait un bon barman car il avait le projet de monter un restaurant. Donc on se fait les bars et on aligne les cocktails. Je prends Cape Cod sur Cape Cod, ce truc étant sensé être le cocktail qui te fout le plus en l'air. Le drelindrelin incessant des machines à sous commence à faire danser une chamade au monde. Il y a tellement d'éclairage électrique, je ne sais même plus si on est dehors ou dedans. Ah oui, et on se nourrit aux buffets "All you can eat for 5$", à part qu'on prend juste les trucs gratuits genre les petits pots de confiture et bien sûr on paie pas.

On tombe sur Ralph, un gros qui devait être indien ou philippin, il était hyper classe avec un uniforme rouge du Caesar. Il est emballé par le projet du grec, et il nous dit que si on a le temps, il peut nous montrer un truc dingue. Il embarque une bouteille de Vodka. Ils sont tous les deux à l'avant et moi je suis dans la soute du pickup, c'est génial. On sort de LV, on remonte vers le grand lac. Ralph hurle et me raconte qu'il y a un monstre dans le lac, qu'il faut jamais se promener après minuit, sinon on se fait bouffer.

Le monstre du lac (vue d'artiste)

On arrive de l'autre coté du lac. Il y a d'autres personnes, des ufologistes, pour moi ils ressemblent un peu à des hippies. En fait, toutes les semaines ici il y avait des OVNIS qui passaient juste ici. "C'est la base 51, mec, entre ici et Reno y a tout un tas d'ovni en permanence ! C'est l'autoroute des ovnis ici !". Les Ovnis à Las Vegas, c'est comme les vaches à Paris, tout le monde en a vu un, c'est le sien, il y a une histoire et oui les E.T. vont arriver et les militaires font des expériences avec. Il y a une différence avec notre bonne vieille France quand même, c'est qu'en France on dirait un truc du style "le gouvernement nous ment on nous cache tout etc..." tandis que là bas, quand ils expliquaient que dans la base 51 on disséquait des E.T. ils le disaient avec fierté et vive l'Amérique. Bon, OK j'y croyais pas et OK j'en ai vu et OK ca ressemblait à des Ovnis, des boules lumineuses dans le ciel. Maintenant la partie rationnelle en moi me dit que c'étaient des tests d'avions.

ovnis
Well well well

Bon j'ai fait un truc de ouf après j'ai TRAVERSE LA ROUTE. Putain y a un flic qui arrive en courant limite il me tabasse, en tout cas il me hurle écartez les bras et fouille serrée, et je te regarde la doublure de la chemise à la recherche de drogue, et les papiers et tutti quanti. Ralph et le grec, ils se mettent à supplier le flic en disant que je viens de l'étranger, que je connais pas etc...et moi je suis saoul et éberlué de rien comprendre. Le flic me dit que je n'ai pas traversé sur les clous (nota bene : il y avait personne sur la route) je dis je suis désolé, il me donne une amende de 90$ ! Je suis estomaqué mais mes potes me disent de pas la ramener. Alors je dis rien.
Plus tard on m'expliquera qu'en fait pas mal de gens ruinés se suicident en se jetant sous des voitures, qu'il y a des bin's pas possible avec des arnaques à l'assurance, et qu'en tout cas, tenez vous le pour dit, à Las Vegas, on traverse sur les clous.


T'AS TRAVERSÉ LA ROUTE ENCULÉ ?
(en plus t'as du mal avec les é majuscules enculé ?)

 Après j'ai vécu un vrai trip psychédélique. Bon j'étais à l'arrière du pick-up, allongé, les yeux dans les étoiles. Il y avait des charognards qui volaient au dessus et masquaient parfois la clarté scintillante du ciel. Il y avait cette musique country, et tout autour, le désert et la nuit. En fait, une araignée genre Le Retour du Roi m'avait grimpé sur la jambe pendant la séquence OVNI et m'avait piquée et j'étais en plein délire. J'ai raconté ma vie en français à des fantômes qui n'étaient pas là tandis que Ralph et le grec braillaient sur de la country, des chansons bêtes comme My Dog Fell in the River. (My dog fell in the river est un classique des gens saouls de là bas. C'est une chanson interminable dans laquelle chaque phrase est My XXX fell in the River. Ex : My Wife fell in the River, My car fell in the River...)


La vallée de la mort, cette nuit là

Cette nuit j'ai vu les espaces glacés de la terreur que je visiterai bien plus tard, et la fièvre m'a donné ces sensations étranges qui sont des combinaisons de ressentis antithétiques, le chaud et le froid, mais aussi l'excitation sexuelle et la peur, la faim et la dégoût de manger. Quand je me suis réveillé, on était en ville. A Los Angeles, parce qu'ils avaient trouvé cela fun de faire le trajet. Je crois qu'entre temps on avait mangé une ou deux fois dans des burgers de passage et qu'ils avaient attribué ma petite mine aux Cape Cod.

Quand ils ont vu que ma jambe avait une tache noire avec une grosse piqûre, ils sont allé choper un remède. Un vieux truc d'indien qu'ils me disent, mais voyez, pas de ça pour moi (mon père est médecin), je veux des bons vieux médocs, mais ils me disent t'es fou ça coute millions of dollars man t'as oublié que hier soir on chopait des pièces dans les machines à sous. Je ne veux pas, franchement j'ai confiance dans mon corps même si ma jambe est engourdie, mais ils m'expliquent que c'est un vieux remède d'indien ACHETÉ DANS UN SUPERMARCHÉ alors là OK ca va tout de suite mieux.

Je passe un jour à L.A.. Les stars ? Hollywood ? Beverly Hills ? Nenni, je reste tremblant de douleur et de fièvre dans le coffre d'un pick-up pendant que mes potes restent dans un rade pourri à boire des bières.

Je n'ai eu que des flashs passagers, des gens qui se penchaient sur moi, le bruit des voitures et des autoroutes ondulantes dans mon esprit fou, omniprésentes qui me faisaient croire que L.A. n'était qu'un gros noeud de vipères grises hérissées de voitures.

Quand j'ai repris sereinement conscience, Las Vegas brillait à nouveau dans la nuit.


L'aiguille du Stratosphere scintillait comme l'embrasure d'une porte ouverte ; et la pyramide du Luxor, ouvrant son sommet pour propulser vers les étoiles un faisceau immaculé, donnait à la fin de mon court voyage des accents mystiques dont le souvenir me porte encore aujourd'hui.

mardi 16 août 2011

Dites moi quelle histoire vous préférez, je vous dirai de quoi vous souffrez.

Vous êtes fan d'un univers imaginaire en particulier ?

Le bon docteur Sigmund Fibre est là pour vous analyser.

Ayez confiance

Allongez-vous donc sur ce divan et parlez-moi donc votre univers préféré.

Cher docteur, j'aime les histoires avec des hordes de zombies qui tuent des humains, est-ce grave ?

Et bien, vous considérez manifestement la société avec laquelle vous interagissez comme un vecteur d'oppression. Vous vous sentez au plus profond de vous différent, avec une personnalité lumineuse, atypique. Vous craignez qu'au contact de cette société monolithique ce qui fait de vous une personne unique disparaisse ; pour vous la communication et l'économie sont des agressions.

Vous vous sentez très seul et vous souhaitez plus que tout trouver des personnes qui sont dans votre cas. Vous savez qu'inévitablement cette société aura le dessus mais vous compter lutter et garder votre continuité de personnalité.

On n'est jamais assez prêt

Pour vous la science, la communication, l'évitement du conflit, le fatalisme sont des impasses. Pour vous la vie est une épreuve belle et nécessaire qui permet d'exprimer ces sentiments.

Comment vous soigner :

Il faut renforcer votre estime de vous et conquérir votre place dans la société par des réussites professionnelles et personnelles. C'est quand vous serez "l'employé du mois" tout en sachant que ce type de récompense est réellement dérisoire que vous aurez un point de vue très élevé sur la société, hors d'atteinte des phobies qui vous dévorent.
Regardez autour de vous : vous n'êtes pas seul car nous le sommes tous.


Docteur, j'aime les histoires avec des vampires, ça veut dire quoi ?

Vous êtes une personne sensible, dotée d'une sexualité précoce avec laquelle vous entretenez des rapports ambigus. Vous êtes mal dans votre peau et vous fantasmez d'une personne qui aurait un rapport charnel avec vous détaché de tout sentiment mais surtout de toute attirance physique : quelqu'un qui vous traite comme un objet sexuel mais vous considère comme une source de sa propre survie.

Vous estimez qu'il y a une force motrice des relations humaines plus grande que le sexe ou l'amour, celle de l'intellect ou de l'âme, pratiquement du mystique qu'il y a en nous tous.


Nicolas Cage ne voit plus le jour

D'une façon générale, vous fuyez les codes imposés par la société et utilisez une approche paradoxale, voire perverse. Vous estimez que les endroits porteurs de morbidité ou lugubres sont les lieux particuliers où vous pourrez trouver cette mystique que vous cherchez car justement la population en général les fuit ou les craint et cette même population est ignorante de ce qui apporte ce que vous estimez être la transcendance de l'âme.

Comment vous soigner :

Il faut diversifier vos lectures sur la relation humaine et l'amour. Il faut comprendre que les magazines féminins sont la plus grande source de fiction jamais produite et que les stéréotypes qu'ils transmettent sont calibrés pour vous faire souffrir et vous pousser à la dépendance.


Docteur Fibre, mon truc ce sont les histoires de complots, je vais bien ?

Pour une raison ou pour une autre, vous avez subi un échec scolaire ou professionnel, ou ponctuellement, vous avez eu le sentiment d'être exclu intellectuellement ou socialement.
Vous avez peut-être subi l'influence d'un père, d'un ami, d'un grand frère brillant et vous avez souffert de ne pas avoir été à son niveau lorsque vous étiez à ses cotés.

Votre petite folie, c'est de vouloir un contrôle absolu sur le monde pourtant chaotique qui vous entoure. Ainsi, vous avez une explication personnelle sur les faits qui nous entourent, qu'ils soient anecdotiques ou d'importance.

Les histoires de complot vous confortent car elles montrent que vous n'êtes pas seul à fonctionner ainsi mentalement. Vous êtes néanmoins fataliste sur le fait qu'on ne peut rien y faire, la meilleure preuve étant que vous ne pouvez même pas mettre de nom sur les comploteurs, et pour cause, ils n'existent que pour vous.


Vos amis


Vous estimez que le monde est froid et vous ignore. Imaginer qu'en secret des gens complotent à votre perte crée un lien pervers entre eux et vous, et vous donne le sentiment de ne plus être seul.

Comment faire pour vous soigner :

Prenez de la confiance en vous en observant ce que vous avez fait ou être capable de faire plutôt que ce que les autres font.
Observez le monde sur les faits. N'attribuez pas à l'intelligence ce qui est fait par de la bêtise.
Regardez comme il est difficile d'organiser un goûter d'anniversaire pour votre petite nièce et imaginez comme il est difficile, voire impossible d'organiser une association
mondiale pour faire des manipulations secrètes. Regardez comme toutes les histoires de complot sont nazes dans les séries.


Bon, je fantasme sur les histoires dans des futurs post-apocalyptiques, est-ce grave ?

Vous avez été déçu de la société actuelle sur plusieurs plans. Vous côtoyez des gens qui courent après des objectifs comme l'argent, la reconnaissance, les vacances au ski... qui vous semblent dérisoires. Vous avez constaté que certaines personnes rencontrent le succès par piston et cela vous dégoûte. Enfin, vous avez peu confiance en la science et au progrès en général, estimant qu'au fil du temps, le progrès technologique corrompt l'homme et apportera sa perte.

Vous rêvez d'un monde où la survie est apportée par la compétence intrinsèque. D'un monde moins peuplé, que vous pouvez cerner. Cette volonté de contrôle s'étend même dans des scénarios personnels que vous faites, et à chaque fois que vous stockez de l'eau ou de le farine plutôt que de lire un roman, vous avez le sentiment d'avoir œuvré à votre propre survie.


Fini le stress du périph


Enfin, vous vous estimez en échec social ou professionnel. Une apocalypse serait pour vous l'occasion idéale de repartir de zéro, une nouvelle chance, sans le poids de vos erreurs passées.

Comment vous soigner :

C'est difficile, mais il faut accepter la société telle qu'elle est. Vous pouvez être créateur d'une apocalypse sociale pour vous même, et changer votre environnement en un monde meilleur. Vous pouvez tenter de comprendre que la quête de l'argent, le succès par le réseau sont des fatalités des hommes auxquelles vous succomberez un jour et qui sont aussi issues de la souffrance de votre prochain.
Enfin, ne niez pas le confort permanent de la société moderne. Imaginez vous dans une forêt à courir derrière un lapin, le ventre vide, avec une rage de dents...


Docteur, je regarde des dessins animés, j'appelle cela des anime. Suis-je normal ?

La société occidentale a historiquement fait une dichotomie forte entre enfants et adultes, avec des "jouets pour enfants" et des "jouets pour adultes". La popularisation de l'anime a rendu cette délimitation très floue en traitant des thèmes sexuels ou violents dans un support habituellement réservé aux jeunes.

Vous appréciez cet état de fait car pour vous il y a une continuité absolue entre l'enfant et l'adulte et créer ces deux catégories est un mensonge. Plus fort encore, le traitement de thèmes matures comme le viol, l'homosexualité, la difficulté à s'intégrer socialement est particulièrement mise en exergue dans un support qui culturellement est dédié à l'enfant.

Par son caractère codifié et répétitif, la culture anime vous semble facile à saisir dans son ensemble et vous vous plaisez à manipuler des concepts modernes, artificiels, à votre image, plutôt que des concepts hérités de votre propre culture.

Vous appréciez une belle image ou une belle musique, vous avez besoin de vous immerger régulièrement et profondément dans des univers lointains. Last but not least, la sexualité ou la violence sont pour vous des domaines qui vous font un peu peur et que vous avez du mal à appréhender. Il y a dans les anime la désacralisation de ces thèmes pour que vous puissiez mieux vous les approprier.


Un WTF permanent


Enfin, l'histoire récurrente d'un jeune homme pas bien dans sa peau qui devient un super-héros par le biais d'un deus ex machina (notez le machina) est une histoire qui bien sûr vous fait fantasmer.

Comment vous soigner :

Déjà, consommez-en moins. Essayez de consacrer votre temps qu'à ce qu'il y a de meilleur en tout domaine. Plongez vous dans la culture de ce Japon qui a produit de l'anime et tentez de voir quelle part d'authenticité réside dans ces œuvres. Dites vous bien qu'il existe une réelle dichotomie entre l'enfant et l'adulte : l'adulte a vu la laideur du monde. Et que c'est parce que vous l'avez vu vous-même que vous préférez parfois regarder un anime que ce monde terrifiant.


Docteur Sigmund Fibre, j'aime Star Trek. Suis-je une personne normale ?

Et bien vous éprouvez une foi sans faille dans la science, le progrès et l'homme, à tel point que la science est pour vous un hobby, une passion ou même votre métier.

Vous estimez que la seule issue d'une situation est la paix et non le conflit, conflit qui de toute façon génère chez vous une gêne voire une peur panique. Vous aimez les grands projets et les héros conquérants de la culture occidentale classique.

Vous êtes fragile face à une société sans merci et vous cherchez vos pairs, ou à la dominer par la puissance de votre savoir et non de votre astuce.


Votre meilleur ami


Vous vous sentez seul et la perspective qu'il existe des mondes ou un futur lointain qui adopterait votre vision de l'humanité vous rassure.

Comment vous soigner :

Vous croyez au progrès vecteur de paix. Vous souffrirez nécessairement dans ce "monde étrange" qu'est le nôtre. Je pourrais vous dire de faire comme votre prochain, à savoir de prendre l'argent au nez et à la barbe du plus faible et de courir en riant, mais ce ne serait pas aider l'humanité, car elle a besoin de gens qui croient en la science, qui croient en la paix, et qui croient en l'Homme.

Alors ne changez pas, vous êtes très bien.