dimanche 6 avril 2014

Le Casse du Siècle, projet abandonné, et système de notation turbomédia

On commence par un petit prologue et un générique :































Après être passé dans un coma lent, plusieurs tentatives de réanimation, il nous faut pleurer et tirer les leçons d'un projet qui n'aboutira jamais : le Casse du Siècle.

Ce n'est pas le premier projet que j'entreprends et qui se transforme en échec, et plus triste, ce n'est pas le premier projet que j'entreprends avec le talentueux Erwan Surcouf qui n'aboutit pas.

Nous étions en relation avec Dupuis et l'éditrice, moi et Erwan planchions sur un projet turbomedia qui devait être ludique et intéressant.

Le turbomedia est ce support flash qui permet de dérouler de la BD sans pour autant tourner les pages. Un peu comme dans un théâtre de marionnettes  vous avez un décor fixe et une série de dessins en surimpression. Rapporté au monde du jeu vidéo, on pense immédiatement au point'n'click.

Il est d'ailleurs très curieux que les éditeurs de BD aillent si loin dans la similitude avec un jeu vidéo tout en ne pénétrant pas sur ce marché qu'ils doivent juger incertain économiquement et évidemment juridiquement.

Nous étions parti sur 6-8 "aventures ludiques" et je pouvais piocher dans le patrimoine appartenant à Dupuis : on pouvait dessiner Spirou, des personnages de Gaston mais pas Gaston par exemple. 

Je me suis souvenu d'un personnage de Gaston, un cambrioleur malchanceux nommé "Freddy les doigts de fée" qui n'apparaît que dans quelques planches. 


On l'a un peu rajeuni, on lui a gardé ses caractéristiques essentielles (équipement et casquette, associé nommé "Riton", gags du style poele à frire dans la figure, situation finale absurde qui aboutit sur un échec).

Les aventures avaient donc une thématique commune : Freddy devait tenter de cambrioler quelque chose, un coffre par exemple, une énigme interactive était soumise aux lecteurs / joueurs et en cas de succès, malchance, le coffre était vide quand même.

J'ai soumis donc plusieurs énigmes :

- le coffre d'un entomologiste dont la combinaison était liée aux nombre de pattes des différents insectes punaisés au mur
- le coffre d'un peintre qui s'ouvre avec des combinaisons de couleurs
- une énigme classique d'engrenages et de leviers
- ...etc...
- et, comme vous pourrez le voir dans cette énigme plus détaillée, une combinaison basée sur l'âge d'une personne.

L'implémentation turbomédia était assurée par Dupuis, ce qui me permettait de me concentrer sur les énigmes.

L'énigme seule ne comprenait pas assez de cases pour recouvrir ce que souhaitait Dupuis, alors on m'a demandé de rajouter 3 énigmes. Au final, l'objet "ludique" était un véritable petit jeu vidéo.

J'ignore s'il existe des normes pour écrire sur du Turbomedia.

Quand je donne une planche à Aseyn par exemple, ça ressemble à ça :

Mais pour le Turbomédia, c'est plus compliqué car on a un décor fixe et un dialogue, bulle par bulle, correspond pour chaque réplique à une nouvelle "case".

Le détail de cette énigme est ici

Après plusieurs essais, j'ai développé un mini-système de notation semblable aux versions logiciel :

X.X.X

Par exemple :

1.6.2

(Le dernier chiffre est optionnel)

Le premier chiffre, 1 dans mon exemple, représente un décor fixe.

Si ce chiffre est 0, c'est l'introduction.
Si ce chiffre/nombre est 999, il s'agit de la séquence de fin

Le deuxième chiffre indique le changement du dessin en surimpression. Par exemple, s'il y a un dialogue dès le début du décor 2, on aura 2.1, 2.2, etc...

Une notation en deux chiffres suffit. 

Mais comme le contenu est devenu très ludique, j'ai utilisé une notation alternative pour séparer les séquences interactives de jeu et les scènes cinématiques subies, ainsi lorsqu'on avait une notation de type 1.0.5, on était dans la cinquième frame de la scéne cinématique 0 du décor 1.

Enfin, pour être certain de bien boucler les transitions entre les décors, les ultimes scénes de chaque décor ont la notation 99, par exemple : 2.99 , 3.99...etc...

Le projet écrit, partiellement dessiné, estimé financièrement (par l'éditeur) a été finalement abandonné par celui-ci. Mais pour réussir un seul projet, il faut souvent se lancer dans de nombreux autres qui seront destinés à s'étioler dans l'oubli.

Je suis désolé pour Freddy, qui était drôle, mais surtout pour Erwan qui m'a fait confiance et qui est particulièrement talentueux. J'aime à penser que, trop proches de notre sujet, nous avons été les cibles du même coup du sort qui affecte chaque tentative de notre héros acharné.

1 commentaire:

  1. C’est génial ! Rien qu’à lire le pdf qui détaille l’énigme je m’imagine en train d’y jouer.
    Vraiment dommage que ça ne ce soit pas fait...

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Merci de lire mon blog